joliangeldemon Admin


Inscrit le : 09 Nov 2007 Messages : 202
 | Sujet: Dionysos/Bacchus Ven 21 Déc - 20:42 | |
|  Silène portant Dyonisos enfant
Divinité composite de l'ancienne Grèce Dionysos (DionusoV) fut assimilé à Bacchus romain. Il était le dieu de la vigne et du vin Il ne faisait pas partie des douze Olympiens à l'origine mais Hestia lui céda sa place. Selon d’autres mythes il est également le dieu des jonctions des opposés et des ambiguïtés (mort-vie, homme-femme, vin et ses excès, dieu de la traversée de la ténèbre hivernale, dieu étranger/barbare-dieu grec quasi maître de l'Olympe). Il est le dieu de l'hiver, de la fête des morts et de son dépassement par la conquête de l'immortalité. Il est le fils de Zeus et de la mortelle Sémélé. Les Romains l'ont assimilé au pâle Bacchus. Selon les listes, il fait partie ou non des douze Olympiens, bien qu'il ne vive pas sur le mont Olympe (c'est essentiellement un dieu errant).
ATTRIBUTIONS Ses surnoms (Nysaeos, Bromios, Dithyrambos, Evios, Bakkhos, Zagreus, Sabazios, Lyaeos, etc.) rappelaient quelque trait de sa vie ou de son culte. o Ainsi que : Δενδρίτης / Dendrítês, protecteur des arbres ; o Ὠμάδιος / Omádios, qui aime la chair crue ; o Φαλληνός / Phallênós, garant de la fécondité ; o Φλοῖος / Phloĩos, esprit de l'écorce ; o Συκίτης / Sukítês, protecteur des figuiers On se le représentait suivi d'un joyeux cortège, où figuraient les satyres, les silènes, Pan, Priape, les Ménades, les Thyiades, les Bacchantes, etc. L'histoire de ce culte est assez complexe car le Dionysos classique offre deux aspects:
1° c'est un dieu national, champêtre et populaire, le dieu du vin, et, comme tel, honoré de tout temps en pays grecs;
2° c'est un dieu des extases et des mystères, dieu étranger, originaire de Thrace et d'Asie Mineure, introduit en Grèce au VIe siècle avant notre ère. Il avait des temples dans tous les pays grecs. (Pour ses fêtes, Dionysies) Le culte de Dionysos a eu, en Grèce, une influence considérable: il a beaucoup contribue à introduire, dans la religion, le sens du mystère; dans la poésie lyrique, le sentiment de la nature; dans les arts plastiques, le mouvement passionné. Plusieurs genres littéraires en sont sortis: poésies orphiques, dithyrambe, et tout le théâtre.
ATTIBUTS Couronné de pampres, tenant le thyrse, la patère ou le canthare ou encore la grappe de raisin, le ciste mystique, il joue avec une panthère apprivoisée. Il monte sur celle-ci, sur un bouc ou sur un âne.

LEGENDES D'après la légende la plus accréditée, il était fils de Zeus et de Sémélé, fille de Cadmos, foudroyée pour avoir voulu voir son divin amant dans toute sa gloire l'enfant, dont l'heure n'était pas venue fut enfermé quelques mois dans la cuisse de Zeus, d'où il sortit au jour fixé: aussi disait-on qu'il était né deux fois.
Dans un autre récit, sur l'ordre d'Héra, les Titans s'emparèrent du fils nouveau-né de Zeus, et le coupèrent en petits morceaux qu'ils firent bouillir dans un chaudron; mais, secouru et reconstitué par sa grand-mère Rhéa, il revint à la vie. Perséphone, à qui Zeus l'avait confié, l'amena au roi Athamas d'Orchomène et sa femme Ino, à qui elle recommanda de l'élever dans le quartier des femmes, déguisé en fille. Mais on ne pouvait tromper Héra et elle punit les époux royaux en les rendant fous. Hermès le transforma provisoirement en chevreau ou en cerf, et l'offrit aux nymphes du mont Nysa (Dionysos signifie Zeus de Nysa) Macris, Nysa, Erato, Bromie et Bacché qui s'occupèrent de lui. En récompense, Zeus les plaça par la suite parmi les étoiles sous le nom d'Hyades. Ce fut sur le mont Nysa que Dionysos inventa le vin et c'est à cause de cela surtout qu'il est vénéré. Lorsqu'il devint un homme, Héra le reconnut comme étant le fils de Zeus, et elle le rendit fou. Il parcourut le monde accompagné de son précepteur Silène et une armée de Satyres et de Ménades déchaînés (ou Bacchantes chez les romains), dont les armes étaient un bâton entouré de lierre, surmonté d'une pomme de pin, appelé thyrse, des épées, des serpents et des rhombes destinés à semer la terreur.
Il s'embarqua pour l'Egypte et y apporta la vigne; à Pharos, le roi Protée le reçut de façon très hospitalière. Parmi les Libyens du delta du Nil, en face de Pharos, vivaient des reines Amazones à qui Dionysos demanda de marcher avec lui contre les Titans. La défaite infligée aux Titans et la remise sur le trône du roi Ammon sont les premiers de ses nombreux succès militaires. Ensuite, il se tourna vers l'orient, se rendit en Inde et il conquit le pays tout entier auquel il enseigna l'art de la viticulture; il dota ces régions de lois et fonda de grandes villes. Sur le chemin du retour, il eut à combattre les Amazones dont il rejeta les hordes jusqu'à Ephèse. Certaines d'entre elles s'enfuirent à Samos; Dionysos les poursuivit sur des navires et il en tua un grand nombre.
Après cela, Dionysos revint en Europe en passant par la Phrygie où sa grand-mère Rhéa le purifia des nombreux meurtres qu'il avait commis pendant sa folie et l'initia aux Mystères. Il envahit ensuite la Thrace; mais ses hommes n'avaient pas plus tôt atteint l'embouchure du fleuve Strymon, que Lycurgue, roi des Edoniens, captura l'armée tout entière sauf Dionysos qui plongea dans la mer et se réfugia dans la grotte de Thétis. Rhéa aida les prisonniers à s'échapper et rendit fou Lycurgue: il tua son propre fils Dryas avec une hache, s'étant imaginé qu'il était en train d'arracher la vigne, et le sol de Thrace devint stérile à cause de ce crime atroce. Lorsque Dionysos annonça que cette stérilité ne cesserait que si Lycurgue était mis à mort, les Edoniens le conduisirent au mont Pangée, et là, des chevaux sauvages l'écartelèrent. Dionysos ne rencontra plus de résistance en Thrace. Il se rendit à Thèbes, et incita les femmes à se joindre à ses orgies sur le mont Cithéron. Penthée, roi de Thèbes, à qui déplaisaient les menées lubriques de Dionysos, l'arrêta ainsi que toutes ses Ménades mais il perdit la raison et, au lieu d'enchaîner Dionysos, il enchaîna un taureau. Les Ménades s'échappèrent à nouveau et, dans un état de frénésie, regagnèrent la montagne. Penthée essaya de les arrêter mais, surexcitées par le vin et dans un état de transe religieuse elles lui brisèrent les membres un à un. Sa mère Agavé les conduisait et c'est elle qui lui arracha la tête.
A Orchomène, les trois filles de Minyas, nommées Alcathoé Leucippe et Arsippé, refusèrent de participer aux orgies, bien que Dionysos lui-même, déguisé en jeune fille, les y eût invitées. Alors il se métamorphosa, devenant successivement lion, taureau, panthère et les rendit folles. Leucippe offrit son fils Hippasos en sacrifice; et les trois sœurs, après l'avoir mis en pièces, le dévorèrent puis parcoururent les montagnes dans un état de frénésie jusqu'à ce qu'enfin Hermès les changeât en oiseaux (certains disent en chauves-souris). Après que toute la Béotie eut reconnu la divinité de Dionysos, il fit un voyage dans les îles Égéennes, répandant la joie et la terreur partout où il passait. A Icaria, il s'aperçut que son navire était en mauvais état et ne pouvait plus tenir la mer, il en loua un à des marins tyrrhéniens qui se disaient en partance pour Naxos, mais c'étaient des pirates. Ne sachant pas qu'ils transportaient un dieu, ils mirent le cap sur l'Asie avec l'intention à l'arrivée, de le vendre comme esclave. Dionysos fit pousser sur le pont un cep de vigne qui entoura le mât tandis que du lierre s'enroulait autour du gréement; il changea les rames en serpents et lui-même devint lion, il remplit le navire d'animaux fantômes et fit chanter des flûtes, si bien que les pirates, pris de panique sautèrent par-dessus bord et devinrent des dauphins.
C'est à Naxos que Dionysos rencontra la charmante Ariane que Thésée avait abandonnée et il l'épousa aussitôt. Elle lui donna Oenopion, Thoas, Staphylos, Latromis, Euanthès et Tauropolos. Par la suite, il plaça sa couronne de mariée parmi les étoiles. De Naxos, il se rendit à Argos et punit Persée - celui-ci avait commencé par lui tenir tête en tuant un grand nombre de ses compagnons - et frappa de démence les femmes d'Argos. Persée s'empressa de reconnaître qu'il avait eu tort et apaisa Dionysos en bâtissant un temple en son honneur. Finalement, ayant établi son culte à travers le monde, Dionysos monta au ciel, et maintenant il est assis à la droite de Zeus; il fait partie des douze grands dieux.
ICONOGRAPHIE Les artistes lui ont prêté plusieurs types: d'abord le type barbu et largement drapé; c'est le plus ancien, exclusif à l'époque archaïque, rare depuis le IVe siècle. Sa tête couronne un pilier ou un hermès. Les vases peints le montrent couronné de pampres, tenant le thyrse, la patère ou le canthare; c'est un homme dans la force de l'âge, d'allure plutôt grave. L'époque classique avancée popularise le type juvénile, imberbe, plus libre en ses mouvements, vêtu plus court, d'une simple peau, voire nu. L'art hellénistique se plaît à retracer son enfance, ainsi que les sarcophages romains, lesquels reprennent à satiété le thème de son triomphe dans l'Inde. Le statuaire l'unit à Ariane, Eros, Pan et quelques nymphes ou Silène.
LA LITURGIE ET LES CULTES Les Grecs considéraient Dionysos comme une divinité étrangère, ainsi que l'indique l'attribut du bonnet phrygien, qu'il partage avec Mithra. On a parlé d'une origine indienne et mésopotamienne. Le décryptage par Evans des tablettes en linéaire B découvertes dans les palais mycéniens a cependant révélé que le nom de Dionysos figurait dans la liste des divinités grecques dès l'époque archaïque. Il semble qu'à l'époque pré-olympienne, son culte soit à rapprocher des cultes agro-lunaires et chtoniens. Eusèbe de Césarée, auteur chrétien, a évoqué des sacrifices au cours desquels on dépeçait la victime vivante (d'où l'épiclèse d'Omadios) pour la consommer. Dionysos est un dieu très répandu et très populaire dans toute l'Antiquité. On trouve de nombreux temples tout autour du bassin méditerranéen, qui voisinent avec ceux des plus grands dieux. Le centre du culte dionysiaque culmine avec la fête des Anthestéries, célébration hivernale et fête des morts. Dionysos est alors le dieu de l'hiver, complémentaire ou opposé à l'Apollon solaire. Son culte public donnait lieu aux fêtes des « Dionysies », mais il existait aussi un important culte secret, représenté par des Mystères, comportant des cérémonies initiatiques. Il est souvent accompagné d'un groupe de satyres, de ménades, de panthères, de boucs, d'ânes et du vieux Silène, formant le « cortège dionysiaque ». Le culte privé avait lieu entre initiés, c'est un culte à Mystères. Le regroupement de ces initiés porte le nom de thiase. Les thiases pratiquaient un culte caché et initiatique, souvent dans des cavernes et la nuit, au cours desquels on initiait les nouveaux membres du thiase, et qui officiaient dans la dimension ésotérique de la résurrection du dieu. On manque de sources pour savoir ce qui s'y passait exactement, mais ces cérémonies secrètes et nocturnes ont perduré jusque sous l'empire romain. Elles comportaient des sacrifices, mais aussi des délires dus à l'ivresse ou à la consommation de drogues végétales, et des excès de toutes sortes, notamment sexuels. Un scandale retentissant a fait interdire ces cultes par un sénatus-consulte en 186 av. J.-C. Enfin il faut signaler l'existence d'une résurgence contemporaine du culte de Dionysos. Il existe ainsi plusieurs thiases aux États-Unis, et quelques-uns en Europe, mais qui n'ont rien à avoir avec ceux de l'Antiquité.
 |
|